La tolérance n’est pas un don spirituel; c’est la marque distinctive du postmodernisme; et, malheureusement, elle a imprégné la fibre même du christianisme. Chez les chrétiens, la tolérance caractérise tous ceux et toutes celles qui n’ont pas de véritables convictions bibliques pour gouverner et diriger leurs actions, ni une profonde écoute de la volonté de Dieu révélée par son Esprit Saint.

Le monde postmoderne qui prône que chacun peut vivre vie selon sa propre raison, ne peut tolérer le dogme, la norme ou la vérité de la Parole de Dieu. Il professe donc une tolérance à géométrie variable….!

Dans cette vision du monde, la Bible est rejetée car elle est analysée plutôt comme un carcan qui entraverait le développement de la société, au lieu d’un guide pour l’empêcher de dévier, lui assurer l’unité, ainsi que sa cohésion en lui donnant des buts légitimes et communs.

Une société dans laquelle chacun à sa propre raison se promène en réalité au bord du gouffre et prend le risque de la dislocation !

L’idéologie véhiculée par le postmodernisme est les prémices de l’effondrement du modernisme. Et, si l’on regarde dès le départ des Lumières, nous voyons que le virus du péché et de l’orgueil inoculé en Eden s’est alors opposé à Dieu en espérant s’émanciper de sa tutelle, croyant ainsi trouver la liberté en dépit de ce que la Bible annonce. Prônant la nécessaire séparation de la foi et de la raison, tout cela a produit une schizophrénie intellectuelle qui aujourd’hui encore contribue à morceler notre société. C’est aussi, il faut l’avouer tristement, en réaction à la désastreuse gouvernance de l’Eglise pendant des siècles, qu’une telle philosophie a vue le jour, en mettant Dieu dans le même sac que l’Eglise censée le représenter.

En regardant devant nous et autour de nous, force est de constater que le processus de la pensée moderne ira à son comble, comme l’annonce la Bible selon la prescience de Dieu dans Romains 1.21-22 « puisque ayant connu Dieu, ils ne l’ont point glorifié comme Dieu, et ne lui ont point rendu grâces ; mais ils se sont égarés dans leurs pensées, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. Se vantant d’être sages, ils sont devenus fous »

Ainsi, la tolérance des Lumière qui se voulait assurer le vivre ensemble s’est évertuée à vouloir effacer les différences qui sont une richesse pour des frères mais une cause d’affrontements pour des ennemis. De fait, plus que d’effacer les différences les fossés se sont creusés. Il aurait été meilleur de maintenir la fraternité et pour cela il n’aurait jamais fallut écarter les valeurs fraternelles qui sont portées et assurées par le message du Christ.

Il n’existe aucune force d’unité plus forte que celle qui est portée par la foi chrétienne et une opposition plus puissante que le message de la croix en face de la réalité du péché. Que nous reste-il à faire…? Être sage au milieu d’un monde en folie est plus que jamais l’actualité et la mission des chrétiens.

C’est cela être le sel de la terre (Matthieu 5.13). Aussi, ne perdons pas notre saveur en nous imprégnant des goûts frelatés de notre environnement dans l’idée de mieux s’en accommoder mais communiquons la véritable fraternité qui est plus élevée que la simple tolérance et dispensons la saveur de l’Évangile du Christ afin de redonner du goût à un monde de plus en plus fade et insipide pour ne pas dire amer ou acide.

Pasteur Xavier LAVIE